jeudi 23 décembre 2010

Fierté

Sur le site de la librairie Mollat (Bordeaux), on peut trouver L'amour me fuit dans la Sélection jeunesse Noël 2010.
Et ce qui y est dit est tellement fou que je me permets de le reproduire intégralement ici.
Je remercie (la)(le) libraire anonyme qui a écrit cela!!

"Voilà ce qu'on pourrait qualifier de magnifique histoire d'amour, peut-être même l'une des plus belles de tous les romans jeunesse. Et comme beaucoup des plus belles passions, elle ne se termine pas très bien, d'où le titre. Mais avant la chute, il y a tellement de justesse, de beauté et de joie que la lecture en est absolument incontournable. En un seul mot, magnifique."

dimanche 28 novembre 2010

Introducing Sylvie & Jean-François...



Ils repassent mercredi 1er décembre 2010 au CCJPF de Saint-Yrieix-la-Perche!

Vous êtes une bibliothèque? Une médiathèque? Un théâtre?
N'hésitez pas à les contacter, Sylvie et Jean-François seront ravis de venir chez vous instruire et divertir vos lecteurs et spectateurs!

dimanche 31 octobre 2010

Phi-Phi à La Rochelle

Ouh la. Ouh la.
C'est bientôt.
Ça approche.
C'est le 5 novembre.

Me voilà à La Rochelle depuis une semaine.

Cette année, Les Brigands ont confié la mise en scène de leur spectacle à Johanny Bert (le metteur en scène des Orphelines, spectacle dans lequel je joue). C'est donc Phi-Phi, opérette de Henri Christiné et Albert Willemetz.
Et qui c'est qui se retrouve assistant? Ben c'est moi.
Donc, après Arsène Lupin Banquier en 2007 et un petit remplacement dans Au temps des croisades en 2009, c'est la troisième fois que je travaille avec cette compagnie de théâtre lyrique.
Et, croyez-moi, je pense que ça va valoir le détour...
Les dates de tournée s'afficheront sur ce blog au fur et à mesure.
Viendez!

Début et fin

Une photo prise par Thierry Laporte lors de la présentation de saison du théâtre du cloître-scène conventionnée de Bellac, le 25 septembre 2010.
Une soirée un peu spéciale car c'était la dernière fois que Philippe Cogney, le directeur, la présentait.

C'est grâce à lui si L'oeil de l'ornithorynque a pu renaître en 2005, si Des paillettes sur ma robe et De toute(s) pièce(s) ont vu le jour. Sans compter la commande qu'il m'a passée de monter un petit spectacle sur Maigret. Et les projets d'autres metteurs en scène sur lesquels j'ai travaillé (Philippe Labonne, David Gauchard) et que nous avons répété à Bellac.
Bref, ce théâtre, c'est une sorte de deuxième maison.
Ça fait donc tout drôle quand le propriétaire s'en va...

mercredi 29 septembre 2010

Léo à Paris

27 septembre 2010, début de l'installation
Et voilà. J'ai commencé hier.
Et il ne reste déjà que deux jours...

A la fin de Tout contre Léo, Léo emmène son frère P'tit Marcel à Paris. M'y voilà, à Paris. Dans la grande salle du Théâtre de la Commune, sans doute un des lieux que je préfère en région parisienne. Parce qu'il est dirigé par un metteur scène dont le travail m'éblouit très souvent, et parce que l'équipe y est super. (je peux bien leur passer de la pommade, maintenant qu'on est programmé!)

J'avais peur, hier matin; je faisais pas le fier. Et puis, bon, malgré des soucis techniques (projecteur qui ne s'allume pas, néon qui explose, seau qui tombe...), je me suis senti bien. C'est-à-dire : chez moi. Chez Marcel.
Et j'ai eu l'impression que la plupart des enfants et ados présents ne sont pas restés à la porte.

C'est quand même bien, le théâtre.

dimanche 5 septembre 2010

C'est la rentrée!!!

Bonjour à tous!
et voilà...
Avignon c'est terminé.
Le festival s'est bien passé, merci, oui. C'était crevant!!^

Les vacances, aussi, se sont bien passé (-es?), oui, même si trop peu...

Regardez à gauche, le calendrier des représentations est mis à jour. N'hésitez pas à venir me voir jouer si je passe près de chez vous!

Cette saison, donc :
- ma compagnie va bien m'occuper :la tournée de TOUT CONTRE LEO, de DE TOUTE(S) PIECE(S), la création de LAPIN, la fin de L'OEIL DE L'ORNITHORYNQUE...
- deux livres ! Eh oui, cette fois j'ai mis les bouchées doubles!!
- la collaboration à la mise en scène de PHI-PHI, une opérette de la Cie Les Brigands mise en scène par Johanny Bert
- la tournée des ORPHELINES, mis en scène par le même Johanny Bert
- d'autres petits machins et trucs...

A très vite, ici ou ailleurs!

jeudi 3 juin 2010

pube

essai

En ce moment, je répète un spectacle (en comédien). Une histoire de correspondance entre deux pré-ados, Emile, québécois et Angèle, Française. Et ça donne "Emile et Angèle, correspondance" de José de Silva et Françoise Pillet.
On nous a demandé d'écrire deux lettres, comme ça.
Alors je les mets ici, comme ça.

La première, c'est Emile 11 ans qui écrit à Emile 9 ans. Et la deuxième, c'est Emile 21 ans qui écrit à Angèle 21 ans.


"
Salut Émile
C’est Émile.
C’est marrant, ça.
Salut Émile, c’est Émile.
C’est bizarre de t’écrire une lettre alors que toi, c’est moi. Vraiment bizarre. Encore plus bizarre si on considère que je t’écris alors que tu n’existes plus. Donc : JE n’existe plus non plus ? Arg ! C’est vertigineux !
Alors pourquoi je t’écris ? Je sais pas. Je sais pas ce qui m’a pris. Une sorte de voix intérieure qui m’a réveillé ce matin : « Émiiiiiiiile !!! Ecris à ton toi-même de il y a deux ans !!!! »
Moi : « Ah ? Mais ? à quoi ça sert ? »
La voix intérieure : « Cogito ergo sum. Alea jacta est. »
Moi : « Ah bon. D’accord. »
Alors.
Tu as 9 ans, j’en ai 11. Aucun de nous n’a 10 ans. Moi, plus (ça me rappelle un excellent bouquin que j’ai lu il n’y a pas très longtemps) et toi, pas encore.
On tourne autour du pot.
Moi, j’ai franchi le cap. Toi, tu es juste au bord.
J’ai une avenue devant moi, un boulevard monstrueux, une sorte d’avenue Laurier en 1000 fois plus longue, et toi, tu regardes un trou noir. Et si tu te retournes, tu vois une ruelle. C’est là d’où tu viens. D’où je viens.
Dans cette ruelle, il y a tes parents. Ou plutôt, ta mère et le fantôme de ton père. Et tu espères qu’il te laisse tranquille, ce fantôme. Car, même mort, il continue à te faire diablement peur.
Eh bien, désolé, Émile, mais, foi d’Émile, deux ans plus tard, ce sera toujours pareil. Tu seras toujours réveillé par le souvenir de ses cris, par le bruit de ses chaînes qu’il traîne à longueur de nuit, et tu découvriras toujours, horrifié, au petit matin, qu’il t’a laissé des marques bleues sur le poignet. Sacré fantôme ! Je rêverais de faire carrière à Hollywood, rien que pour rencontrer Bill Murray et lui demander de venir l’aspirer, ce père en drap blanc.
Sinon, la tante est toujours dans les parages. Sauf que maintenant, tu es enfin officiellement au courant qu’elle a une copine. Je m’en doutais, remarque. À ne jamais noter les mecs qui la draguaient ouvertement… Elle est marrante, sa copine, elle mange que des légumes et ne boit que tu thé vert alors que la tante, elle, continue à ne se nourrir que de cigarettes et de café. Du coup, elle a de plus en plus la voix de Marge Simpson.
Voilà voilà.
Bon.
Je n’aime toujours pas trop parler de moi alors même à toi, c’est-à-dire à moi, j’ai du mal. Déjà, mon père, j’en avais jamais parlé à personne. C’est une grande faveur que je te fais, une marque de confiance. Prends en grand soin.
Je crois que je vais m’arrêter là.
Bonne continuation, Émile ! T’es super comme mec, ne change surtout pas !!!
Ah si. Juste un truc. Fais gaffe, la veille de tes 10 ans, tu vas fabriquer une tête de mort qui saigne avec un potiron et du ketchup. C’est une bonne idée, et qui révèle d’indéniables talents d’artiste. Mais celle de l’exploser à coups de marteau au beau milieu de la cuisine ne s’en révèlera pas une très bonne, d’idée. Ça te coûtera même très cher. Genre une privation d’Internet pendant une semaine. Choisis plutôt le jardin, pour ce genre d'expériences.
Ne me remercie pas, c’est cadeau. À charge de revanche, hein ?
D’ailleurs, si, un jour, on sait jamais, le Émile de 17 ans t’écrit une lettre, tu pourras lui dire de prendre contact avec moi ? J’aimerais bien savoir si j’aurais eu mon premier rapport sexuel à cet âge. Paraît que c’est la moyenne. Et, sous mes dehors excentriques, je n’aime rien moins tant que d’être dans la norme.
Allez salut Émile. Signé : Émile.
Ça me fait vraiment rire, ça.
Alors je recommence :
Salut Émile !
Émile.
(Émile Émile, ça fait 2000, non ?)
"




"
Salut Marie, c’est René.


Tu sais, René.
Ton correspondant québécois de il y a dix ans.
J’espère que tu te souviens de moi, ça fait longtemps.
Je t’écris pour une raison bien précise et ça n’a pas été facile de te trouver.
Je t’ai cherchée partout. Je me suis inscrit sur Copains d’avant, Trombi.com, Mespotes.fr, Alaviealamort.com… . Et j’ai recherché toute la nuit, complètement frénétique, un indice, un contact. Des Marie, il y en a des tas, en France ! Au Québec aussi, remarque. Et je crois avoir trouvé. Avec le peu que j’avais.
Peut-être que je me trompe de Marie. Tant pis.
Tu vas te demander pourquoi ? Qu’est-ce qui me prend, tout d’un coup, dix ans après ?
Ou peut-être m’as-tu tout simplement oublié ? On s’est juste écrit une année scolaire. Et il y a certainement des gens avec qui j’ai été ami pendant une année et que j’ai totalement oublié…
Mais toi, je ne t’ai pas oubliée, forcément. Tu vas voir pourquoi.
Toutes tes lettres, je les ai gardées. Tes cartes postales aussi. J’avais imprimé les mails et je les ai conservés. J’ai tout relu. Et je me souviens de notre ridicule coup de téléphone. Vraiment pas de quoi en faire un bouquin, a priori.
Et pourtant.
Ce que tu ne sais pas, ce que tu vas apprendre dans pas longtemps, dans très exactement sept mots, c’est que je me suis mis à écrire. À écrire vraiment, quoi. C’est mon métier, en fait. Et, ça y est, mon premier livre est sorti. C’est du théâtre, pour les enfants.
Et c’est nous. C’est notre correspondance. J’ai eu l’idée il y a deux ans, en rangeant des affaires qui traînaient chez ma mère. Tu sais, le genre de vieux cartons dans lesquels on a rangé nos souvenirs d’enfant et que, quand on déménage, les parents nous somment d’emporter avec nous.
Donc, c’est nous. Mais ne t’inquiète pas, j’ai pris mes dispositions. Je me suis caché derrière deux auteurs. Au lieu de me prendre un pseudo, j’en ai pris deux ! Deux précautions valent mieux qu’une. Comme ça, personne ne peut deviner que c’est une histoire vraie.
Et j’ai changé nos prénoms. Moi, c’est Émile, et toi, c’est Angèle. Ça te va, comme prénom ? (tu verras pourquoi, en lisant le livre. Pourquoi je t’ai appelée comme ça.)
Évidemment, j’ai dû reconstituer mes lettres. Mais figure-toi que j’ai une bonne mémoire et j’avais aussi quelques brouillon. Notamment celle sur Château-Rouge. Je me souviens que j’avais plus bossé que pour n’importe quelle rédaction de l’école ! Et puis, la plupart du temps, il m’a suffi de re-répondre, dix ans après, à tes lettres.
J’ai enlevé certains passages, bien sûr. Et même une lettre. Tu sais, celle que tu m’avais envoyée juste avant qu’on ne s’appelle. Ta sorte de lettre confession. Et ma réponse, je ne l’ai pas mise non plus. Peut-être que l’ensemble s’en trouve affadi, je ne sais pas. Tu me diras ce que tu en penses ?
Le livre est là, à côté de cette lettre. Il attend que tu l’ouvres et le découvres. Tu verras, il ne mord pas. Il est beaucoup moins méchant que la vraie vie.
Je t’embrasse, Marie.
René.
"

lundi 26 avril 2010

Lire à Limoges 2010

Ce week-end, c'était le salon du livre de Limoges, à deux pas de chez moi. C'est bien, j'ai l'impression que c'est une autre pièce de ma maison. Une grande tente dans mon jardin avec une super bibliothèque.
Bon.
"Super", faut voir. Je sais pas si, à choisir, j'y aurais fait figurer les livres de Mélanie et Thomas de Plus belle la vie (on m'a d'ailleurs "confondu" avec lui!) et la biographie de Julie Pietri.
Comme d'habitude, je n'ai absolument pas eu le temps d'aller faire un tour au rayon "adulte" (à part pour me rendre compte de la présence de ces trois personnalités de premier ordre -sur le plan littéraire-). Mais j'ai pu y croiser Jean-Marie Périer, qui dédicaçait entre autres son Casse toi ! sur les jeunes homos rejetés par leurs familles. Et j'étais content quand je voyais passer devant mon stand une petite mamie avec un exemplaire sous le bras.


Vendredi, j'ai fait un petit tour dans trois collèges de Limoges, dans le cadre des rencontres initiées par le salon.

Le premier, c'était Maupassant. Un collège que je connais bien. Isa, Véro, c'est mes copines!
Et la classe que je rencontrais, je l'avais déjà vue en début d'année à l'occasion de De toute(s) pièce(s).
C'était agréable, bien préparé. Ils étaient très mignons avec leurs questions bien écrites sur leurs feuilles à carreaux. Mais ça n'a pas empêché la conversation d'avoir lieu. Notamment autour de la question : "Mais, bordel, il est homo, Cédric, ou pas????"
Y'en a un qui a fait valoir que Cédric prête au narrateur son short de foot. Et que c'est un acte "très intime", il a dit. Et que ce geste ne peut pas ne pas être intentionnel. Mais est-il amoureux de Vincent? troublé? a-t-il simplement envie de lui faire plaisir? de lui plaire?

En ligne, le livre virtuel que les élèves ont écrit. C'est ICI.

Ensuite, c'était Donzelot. Là, aussi, c'était super. Des 5ème, qui avaient plus lu Je n'ai plus dix ans que Qui suis-je?. Mais, là aussi, l'homosexualité a tenu une grande place. Je me suis gentiment "acharné" sur un garçon qui, au tout début, a fait montre de dégoût quand on a évoqué la possibilité d'un amour entre deux garçons. J'ai pu m'appuyer sur lui pour leur expliquer pourquoi j'avais, pour ma part, tant tardé à "assumer", de peur, en partie, d'avoir à affronter des réactions comme les siennes.
Il l'a pris en rigolant, un petit peu honteux.
Il y avait aussi cet élève qui m'a confié sans honte qu'il déteste les livres comme les miens. Qu'il s'est ennuyé au bout de deux pages. Ensuite, on a parlé mangas.

Et enfin, Calmette. Là aussi, en terrain connu. J'y avais fait un passage il y a deux ans dans le cadre du salon, déjà, et dans le cadre de Lire en fête.
Face à moi, une classe de 4ème dite "difficile".
C'est quoi, difficile?
C'est "ZUP", "familles défavorisées", "échec scolaire" et "inattention".
Mais c'est aussi" "énergie", "humour ravageur", "contact facile" et surtout "honnêteté".
Ils avaient travaillé sur Qui suis-je?. Certains avaient réussi à le lire en entier. Mais tous avaient travaillé avec leur professeur à l'élaboration d'un texte qu'ils m'ont lu, en introduction.
Je pense que leur professeur ne m'en voudra pas si je le reproduis ici.



Il y a moi, Vincent, adolescent.
Ce pourrait être toi…
Ou moi,
Nous… (tout le monde le dit en choeur)

Mal dans ma peau,
J’me sens pas beau.

Cours de sport,
L’horreur, la honte…
Je décompte
Les heures…

Myriam est là pour moi.
Aziz aussi.

J’sais pas très bien ce que je fais ici

Tout le monde regarde Christophe,
Moi seul regarde par terre.

Un nouveau,
Cédric Martineau.

Malaise,
Mal à l’aise.

Tristesse.
Questions…

La crise d’adolescence
Ça commence
Je crois

Je ne sais plus très bien
J’suis une endive
Pâle, maladive

Des vannes
Vague à l’âme

ça déraille…

On m’évite.
Mes notes chutent.

Je ne comprends rien à ce qui m’arrive

Aziz est de moins en moins là.
Myriam ne sait pas…

OK, j’crois que j’ai compris
La réalité s’impose à moi :
J’suis amoureux de Cédric Martineau

« Il me déchire le cœur et après me détruit la tête »

L’objet de mon amour…

La raison de ma torture…

Homo, c’est quoi ce « gros mot ? »

C’est pas pareil

Enfin si, c’est pareil
Pas complètement
Malheureusement…
Pour moi, c’est pareil,
Mais pour les autres, je sens bien que ce sera différent
Et ça m’angoisse terriblement


Tout le monde…

Moi seul…

J’éclate en sanglots dans mon oreiller

On s’reverra plus

Il sort pour toujours

Il m’a crevé le cœur à jamais.

Et je vis encore…




Évidemment, j'ai falli versé ma petite larme.
Qui s'est ravalée bien vite puisqu'ils m'ont bombardé de questions dont une des premières à été : "Êtes-vous homo?".
La question, qui , d'habitude, fait surface en milieu de séance.
Donc, comme d'habitude, je réponds que oui. Je développe.
Et là, bien sûr, un tombereau de clichés, de méconnaissances, de peurs, de craintes (donc la principale : "Mais, quand même, un jour vous allez bien coucher avec une femme!")
Quand je demande à un ado ce qu'il ferait si son meilleur pote lui annonçait qu'il était homo ou qu'il l'aimait, il me répond qu'il lui demanderait d'abord s'il rigole et que si c'est pas le cas, il lui foutrait son poing de la gueule. Et quand j'ai demandé comment ce meilleur pote se sentirait si tout le monde réagissait comme ça, après avoir fait remarqué qu'il aurait une tête toute pourrie défoncée, certains ont admis qu'il se sentirait peut-être un peu rejeté.
Je me suis aussi un peu lâché, quand ils refusaient d'admettre que de l'amour pouvait exister entre deux personnes de même sexe. Quand ils ne voyaient que "sexuel" dans "homosexuel" (ceci dit, certains ne savaient pas ce que veut dire "hétérosexuel"). Je leur ai demandé pourquoi quand on imagine un homme et une femme amoureux, on les voit gambadant dans la forêt en se tenant par la main avec des petits oiseaux autour et quand c'est deux homos, "on les imagine s'enculant dans un bosquet ou dans une backroom".
Bon. Je suis devenu tout rouge.
Aussi quand il y en a un qui m'a demandé (comme au collège précédent), pourquoi j'avais tardé à me révéler homo, je lui ai répondu que j'avais perdu 10 ans de ma vie à cause de mecs comme son copain qui vient de dire qu'il préfèrerait mettre un coup de poing dans la gueule de son meilleur pote homo plutôt que de continuer à le côtoyer.
Bref bref.
Mais tout ça dans la bonne humeur, finalement.
J'ai essayé de faire le rapprochement avec le sexisme, le racisme. Qu'imaginer, quand on croise un homo, qu'il va forcément essayer de vous faire ramasser une savonnette, c'est comme imaginer que tous les arabes sont musulmans ou terroristes.
C'était pas une mince affaire.

En partant, j'ai vraiment eu l'impression d'être une sorte d'Abbé Pierre, avec un bâton de pèlerin, à essayer d'avance contre une tempête déchaînée.

Mais j'ai obtenu une petite victoire.
Heureusement, quand on évoquait le baiser entre Cédric et Vincent (hurlements et bruits de vomi), il y en a deux, tout près de moi, un garçon et une fille, des looks comme les autres, qui ont dit "Bah c'est normal."
Alors, moi : "Hein? quoi?? quoi? Qu'est-ce que t'as dit??"
Lui : "Bah si ils s'aiment ils s'embrassent, c'est normal"
Elle : "Bah oué."
Des répliques accompagnées d'une moue boudeuse et d'un haussement d'épaules.
Et pas une moquerie contre eux de la part des autres.
ça m'a presque fait oublier l'intervention d'une autre fille qui disait que si son meilleur ami était homo, elle ne voudrait plus jamais le voir.

Des rencontres comme ça, j'en veux encore, même si c'est épuisant!




Et ensuite, c'était dédicace tout le samedi et une partie du dimanche (quand je n'étais pas à La Marmaille pour jouer....)
Du monde, des rencontres sympas.
Surtout dimanche soir, à 1h de la fermeture, un ado de 12 ans très soucieux devant la table des romans de l'Ecole des Loisirs, ne sachant pas quoi choisir. Et puis il a pris Qui suis-je?. C'est bien le première fois que ce n'est pas une fille ou une maman qui l'achète. Du coup, comme il m'a dit qu'il adorait lire, j'ai fait mon Bernard Pivot et je lui ai conseillé plein d'autres livres.
Et aussi, une maman et son fils. En me tendant le livre pour que je le dédicace, elle me demande:
"C'est sur l'homosexualité?"
Moi: "Euh... oui. C'est sur la découverte de l'amour. Et de l'homosexualité.... C'est un problème?"
Elle: "Ah non, pas du tout. C'était comme ça, pour savoir."
Moi : "Très bien, alors"
Elle : "Mon fils a 12 ans et il est un peu atypique, différent. Alors cette question, Qui suis-je?, ça lui va bien."

J'ai failli l'embrasser, cette maman.
Sur la bouche

vendredi 16 avril 2010

chez les mouettes




Sur la couverture de Je n'ai plus dix ans, Alan Mets a dessiné des mouettes. C'est donc sans doute très narcissique, mais dès que j'en entends une, je vois ce dessin se former devant mes yeux.
Hier, j'étais à Dieppe, à la scène nationale, pour un atelier de 5 heures avec des enfants-pré-ados, qui viendront dans 15 jours voir L'oeil de l'ornithorynque. Les mouettes volaient autour de la salle et je me sentais donc comme chez moi.
Un atelier de 5h, donc, autour du théâtre et de l'écriture. Gasp! Si j'ai une petite expérience en ateliers théâtre, je n'en avais encore jamais mené en écriture... "Ah oui! c'est vrai, je suis auteur..." me suis-je dit pour me donner du courage.
J'ai imaginé des petits exercices, censé aider à accoucher de mots, puis de phrases, puis de petites histoires, j'ai assemblé tout ça avec des jeux théâtraux et j'ai pris mes trains pour Dieppe.



Un groupe de 10 enfants + 4 accompagnatrices m'attendaient. En fait, 3 groupes en 1. De centres différents. D'âge très différents : du CM1 à la 4e.



Et alors, franchement, vraiment -sinon, je n'en ferai pas un post-, ils étaient tous super! Tous. Mathilde, Timothy, Nicolas, Maxime, Laura, Elodie, Chloé, Océane et les autres, et les accompagnatrices. Après un petit échauffement pour les faire sortir de leurs corps et hop! c'était parti. On n'a fait que la moitié des exercices prévus et on a produit des jolies choses, on s'est bien marré, on a passé le temps à faire autre chose que compter les mouettes.
Alors merci. Et, bien sûr, merci à Jessie, de DSN, qui a eu l'idée de tout cela.

vendredi 19 février 2010

naissance

je suis bien content de vous annoncer la naissance d'un nouveau blog
"Trop stylé"
dédié aux adolescents de Limoges et d'ailleurs
leurs lectures
leurs films
leurs musiques
...

j'y participe, un peu
(genre les textes de présentations...)
allez y faire un tour
c'est tout nouveau !

c'est par là !

mercredi 3 février 2010

arg

Etes-vous au courant de "l'affaire" "Le baiser de la lune"?
Non? Allez lire ceci.

J'ai écrit ce mail, là, il y a cinq minutes, à SOS-Homophobie.
Y'a des fautes, sans doute, c'est normal, je suis énervé.
Désolé.


Bonjour
je tenais à vous adresser cet petit témoignage, en écho avec la déplorable polémique autour du "Baiser de la lune"

J'ai écrit un livre en direction de la jeunesse, dans une collection destinée aux plus de 12 ans, dont le thème principal est la découverte de l'amour, de l'amour homosexuel, et, partant, de l'homophobie.
Un ami prof en collège a eu l'idée, entendant que son principal voulait développer des actions sur la sexualité dans les classes, a eu l'idée, donc, de me demander d'intervenir dans sa classe de 4ème, sur le sujet de l'homosexualité et de l'homophobie.
Avec cet ami, nous concoctons donc le contenu de l'intervention (dont je commence à avoir une certaine pratique lors de rencontres en milieu scolaire auxquelles je participe dans le cadre de divers salons du livre), on voit les dates possibles, le budget alloué...
Et voilà le mail qu'il m'adresse, une semaine après :

"D'après le proviseur, qui fait partie de la commission académique sur la sexualité, l'orientation sexuelle, ou identité sexuelle, ne concerne les élèves qu'à partir du lycée.(en terme d'intervention dans le milieu scolaire, s'entend) Donc il préfère ne pas suivre ma proposition...
Désolé pour eux, moi, et toi aussi, un peu."

Je me demande ce qu'est cette commission académique et qui la compose? Certainement des gens qui ne se sont posé aucune question lors de l'adolescence, dont la découverte de ce sentiment magnifique et affreux qu'est l'amour a laissé de glace et qui ne connaissent pas le désespoir de se sentir rejetés car différents de la norme. Une norme établie notamment par une loi du silence qui ne vaut d'être partiellement rompue qu'à 15 ans, selon cette sage commission, une fois que, bien trop souvent malheureusement, il est trop tard (un quart des tentatives de suicide des garçons de 15 à 24 ans et 10% de celles des filles du même âge sont liés à l'homosexualité)

Encore une fois, je commence à avoir une certaines pratiques des rencontres en collège autour de mon livre. Ce sont au départ des rencontres littéraires mais au bout de cinq minutes, elles se transforment en "débats" autour de l'homosexualité, l'homophobie, le sexisme, le genre, l'identité. Et croyez que ce n'est pas moi qui les lance sur le sujet! Je ne veux pas faire une généralité de quelques cas particuliers, mais je ne crois pas me tromper en disant que ce sujet intéresse TOUT le monde, dès que les questions de sexualité et d'identité se posent, c'est-à-dire très tôt.

Je joue d'ailleurs au théâtre deux spectacles pour un public à partir de 8 ans. Deux spectacles qui abordent, entre autres, le sujet de la différence, du genre, de la sexualité et plus particulièrement de l'homosexualité. Et, là encore, je n'ai jamais rencontré une classe, lors des rendez vous "pré-spectacles" que j'ai avec chacune d'entre elles, un enfant qui ne soit pas passionné par ce sujet. Et, d'ailleurs, plus les enfants sont jeunes et plus ils sont tolérants, souvent. Sans doute pas encore trop déformés par les discours sexistes qui les entourent.

C'est en ouvrant le plus tôt possible les yeux de nos enfants que nous leur éviterons de devenir victimes ou bourreaux de cette gangrène perpétrée par certaines responsables politiques, du Nord et d'ailleurs : les oeillères.

bon courage pour vos actions
thomas gornet

mercredi 13 janvier 2010

en 2010


Pour moi (puisqu'il s'agit de moi, ici!)
- Deux livres, à coup sûr
- Un début de mise en scène
- Deux festivals en un
- Une création de rôle et des reprises
- et le reste, le plus important, en fait.

**thomas

**thomas