mercredi 2 novembre 2011

nos amis les pourris

Le 21 septembre 2011,  Sylvie Berthelot et Jean-François Bellachon, les deux conférenciers du spectacle Nos amis les livres de quand on était petit(s), ont été chargés par l'équipe du Centre Culturel Yves Furet de La Souterraine (23), de présenter leur saison 2011-2012. Non sans avoir rappelé quelques règles élémentaires de bonne conduite dans un théâtre...

samedi 29 octobre 2011

you-hou!

Wouf!

Le projet ARTS (Artiste Rencontres Territoire Scolaire) bat son plein à Arras! Déjà 77 heures effectuées sur les 198 prévues jusqu'en janvier!

Des rencontres à chaque fois formidables (et je ne dis pas ça seulement parce qu'il y a une possibilité que cette note soit lue par des acteurs de ces rencontres...)
Pas mal de sauts dans l'inconnu.
Des échanges passionnants.
Des moments d'émotion.
Comme dans un film hollywoodien, presque.

Cela a commencé par un "Week-end avec...". Ouvert au tout public. Pendant deux jours, on a regardé des extraits de films que j'adore, on a écouté de la musique, on s'est fait découvrir des textes, on a un peu joué, on a cuisiné des gâteaux...
Une bonne façon de rencontrer le public artésien.

Puis, le lundi, je suis rentré dans le vif du sujet pour une semaine variée :

** Sensibilisation à Tout contre Léo et petits ateliers théâtres auprès de collégiens et d'enfants placés à l'EPDEF-Service Fratrie de Arras (comme c'est chouette de voir certains visages fermés en début de séance s'ouvrir comme des fleurs petit à petit)

** Intervention à l'IME Les Verts tilleuls de Riencourt les Bapaumes.

Voici d'ailleurs une petite sélection de dessins de ces enfants. Leurs profs leur avaient lu tout le texte de L'oeil de l'ornithorynque, qu'ils viendront voir en janvier (j'ai hâte, d'ailleurs!) et voilà ce que j'ai eu:











Ensuite, j'ai fait un atelier théâtre avec eux et cela restera comme un moment très très fort. Je retiendrai surtout l'importance du contact physique entre eux et avec moi. Quand, en plein milieu d'un exercice, un grand enfant de 12 ans m’attrape le bras et me le caresse puis passe sa main sur ma barbe avant de repartir comme si de rien n'était, mon cœur se craquelle et tombe par terre. Quand un petit autiste, après m'avoir ignoré pendant 1 heure, m'appelle par mon prénom et me regarde dans les yeux, mon cœur se fend définitivement et je me dis que je ne pourrai jamais travailler ici car je voudrais tous les adopter.

** Retour au monde des adultes pour des échanges avec le Groupe de Recherche (initié par le Théâtre d'Arras et Culture Commune) et avec des étudiants Arts du Spectacles de la Faculté d'Arras.

** Ensuite, petite pause en jouant 5 fois Tout contre Léo en 3 jours dans la belle salle à l'italienne du théâtre.
Marcel en profite pour changer ses lacets :
et racheter un journal :


Et, hop, ça repart :

** Pour des rencontres avec des collégiens et des primaires qui ont assisté au spectacle. Et c'est aussi là, que, parfois, on a une petite larme qui monte
- quand des élèves de 4ème du Collège Pierre Cuallacci de Frévent me disent, des étoiles dans les yeux, qu'ils ont adoré le spectacle parce qu'ils ont pleuré, qu'ils n'étaient jamais allés au théâtre de leur vie et qu'ils ne comptent pas s'arrêter là
- quand je reçois ce genre de mots de la part de 6ème du Collège Bracke-Desrousseaux de Vendin-le-Vieil : "Je n’imaginais pas le théâtre comme ça ; c’était très bien ! La mise en scène était superbe, surtout quand vous dansez avec le papier « Mémère ». J’ai même failli pleurer." ou "J’ai trouvé la pièce drôle. J’ai aimé la façon de jouer et de faire des voix différentes." et "Le moment le plus triste pour moi ; c’est celui où Marcel n’a pas voulu serrer Léo dans ses bras." ou aussi "J’ai aimé les lumières qui formaient comme une guirlande, les néons qui clignotaient avec la musique qui défonçait."
- quand je rencontre l'Atelier théâtre du Collège Charles Péguy (43 élèves et 4 profs encadrants!). Des élèves de la 5ème à la 3ème absolument géniaux qui m'ont offert ça :




- quand une professeure du Collège Jean Monnet d'Aubigny en Artois a l'air aussi bouleversée que ses élèves

** Début de l'atelier Feydeau avec 11 étudiants avec qui on préparera des "mitraillettes-Feydeau" qui seront jouées avant les représentations de De toute(s) pièce(s)

** Et Marie Blondel me rejoint pour animer, tous les après midi de la première semaine des vacances de la Toussaint, un stage tout public pour enfants de 9 à 12 ans.

Et puis surtout, surtout, on anime tous les matins un stage avec huit adolescents du CSPA La Parenthèse d'Arras. Ce qui restera sans doute comme mon souvenir le plus fort.
Sept garçons et une fille absolument bouleversants d'émotion(s), de sincérité et de gentillesse. Huit ados qu'on a envie de tous serrer dans ses bras pour ne plus jamais les lâcher, jusqu'à temps qu'on soit sûr que leur route sera sans embûches.

Je me souviendrai longtemps de la force et la douceur de Thibaut, de la lente et sûre ouverture d'Océane, du sourire gigantesque de Grégoire, de l'imagination de Kevin, de l’aplomb pince sans rire de Pierre, du rire et de l'enlacement de Maxime, de la grande maîtrise de la scène combinée à un débordement d'émotions de Florian, du regard et de la présence à couper le souffle de Lévy (et de sa veste rouge sous les arcanes du théâtre).
A eux, merci. (et puis merci pour les cadeaux et les surprises ^^)
Et puis, je me souviendrai longtemps aussi de ces quatre accompagnateurs discrets et attentifs, l'oeil mouillé car empli d'amour pour ces jeunes : Christine, Caroline, Laetitia et Didier.
A eux aussi, merci.




** Et maintenant, qu'est-ce qu'on dit? On dit "merci, le Théâtre d'Arras! Merci Bénédicte, Célia, Nicolas, Antonin et Arnaud !!"
Et on dit aussi : "C'est loin d'être fini alors on ne relâche pas la pression!"

mercredi 28 septembre 2011

géographie

Et voilà. C'est la rentrée.
Cette année, ça va bouger.
Marcel et Léo vont pas mal voyager : Arras, Aubusson, Cergy, Gap, Dieppe, Marvejols...
Lapin va sautiller dans quelques théâtre aussi : Beauvais, Villeneuve sur Lot, Saint Yrieix la Perche...

Et moi? Bah moi ça va être : Arras, Pas en Artois, Saint Nicolas les Arras, Vendin le Vieil, Aubigny en Artois, Frévent, Riencourt les Bapaume, Saint Laurent Blangy, Framecourt, Saulty, Feuchy, Dainville, Athies pour des ateliers de pratique théâtrale, d'écriture, des rencontres, des lectures, des trucs et des machins... Et tout ça grace au Théâtre d'Arras et pour environ 4 mois!

Ensuite? Ensuite bah ça sera au tour de Dieppe de m'accueillir où je serai en résidence d'écriture au printemps, en immersion d'un mois parmi 2 classes de Seconde du Lycée Pablo Neruda de Dieppe. (+ un chouette projet écriture-théâtre avec une classe de 3ème du Collège Jean Monet de Saint-Nicolas d'Aliermont)

ça fait beaucoup. Trop? ... Beaucoup, en tout cas.
Je suis au bord d'une grande piscine. Pourvu que je ne m'y noie pas!

mercredi 15 juin 2011

jeudi 26 mai 2011

tournée haute-viennoise


Le 17 mai dernier, journée mondiale de lutte contre l'homophobie -mais c'était un hasard-, j'ai rencontré 4 collèges de la Haute-Vienne (Châlus, Chateauneuf-la-forêt, Eymoutiers, Nexon).
Dans le cadre d'un Prix littéraire organisé par les 4 documentalistes de ces collèges.


C'est quand même bien, les rencontres. Là, c'était "rencontres tranquilles". Pas trop de vagues, quoi. Des élèves gentils, qui acquiescent quand on leur dit que l'homophobie c'est mal et que l'homosexualité, ce n'est qu'une question d'amour. Bon. C'est cool, en Haute-Vienne!
Ah si. Une élève n'a pas du tout du tout aimé mes livres. Surtout "Qui suis-je?". Mais elle n'a pas osé le dire très fort, lors de la rencontre. C'est dommage, j'aurais sans doute été d'accord avec elle sur bien des points...
Bref. Je ne gagnerai pas le prix mais j'ai bien gagné ma journée!



jeudi 21 avril 2011

madeleine de prout

Mardi dernier, j'ai joué deux représentations scolaires (pour des classes de 5ème) de "Tout contre Léo" à Commercy, programmé par l'OMA (association gérant la programmation culturelle de la ville).
Voilà le mail que j'ai envoyé aux professeurs qui accompagnaient les élèves :



Cher (?) personnel encadrant du collège de Commercy

Je viens juste de rentrer chez moi, abasourdi par ce que je viens de vivre chez vous. Dans cette salle des Tilleuls, qui a l’avantage pour vous d’être aussi la vôtre, puisque j’ai bien compris que c’est une sorte d’annexe du collège.

Mais tout d’abord, je tenais encore une fois à vous dire que vos élèves avaient été parfaits. Attentifs, dans le spectacle et m’accompagnant, accompagnant Marcel dans cette histoire.

« Parfait », on ne peut pas en dire autant de votre attitude, qui m’a profondément désolé.

Vous avez semblé oublier que vous étiez dans une salle de théâtre, et non dans une salle de permanence ou une salle de classe.
- Or, dans une salle de théâtre, on n’entre pas comme ça, sans prévenir, sans frapper.
Comme cette professeur qui a surgi cinq minutes avant l’entrée du public du matin, à la recherche d’une poubelle avec à peine un regard pour nous.
- On n’envisage pas d’entrer dans une salle de théâtre afin d’assister à une demi-représentation.
Comme ces deux professeurs que ma régisseuse –heureusement avant que le spectacle ne commence !- a dû convaincre d’abandonner leur projet de venir se faire remplacer par deux autres en plein milieu de la représentation parce qu’elles avaient cours avec une autre classe. Et en fait de les convaincre, elle s’est surtout heurtée au mur de la principale adjointe, qui n’avait pas imaginé dégager un créneau de deux heures pour les élèves et les accompagnants afin que tous puissent assister dans de bonnes conditions à la représentation et au dialogue qui s’en suivait. À cause de cette histoire, 80 ados ont attendu 20 minutes dans la salle, commençaient à s’échauffer d’impatience, face à moi qui me demandais comment j’arriverais à les « récupérer », comment ils allaient réussir à se calmer pendant la représentation.
- Dans une salle de théâtre, on regarde ce qui se passe sur scène. On ne lit pas.
Comme cette accompagnante, très discrète en plein milieu du premier rang, qui lisait je ne sais quoi sur des feuilles A4 blanches, de manière ostentatoire.
- On n’entre ni ne sort pas à volonté, dans une salle de théâtre.
Comme cette dame qui accompagnait l’ado handicapé, qu’elle a sorti aux trois-quarts du spectacle et qui est revenue, dix minutes après, inondant par la même la scène de la lumière du jour, faisant tourner toutes les têtes des spectateurs vers elle et rajoutant à sa bêtise d’être revenue celle de faire un coucou à sa collègue en agitant la main. Oui, sous mon nez : elle se retourne vers la femme-lectrice et lui fait un grand signe, accompagné d’un grand sourire ! À 30 centimètres de moi, sous ma barbe, près de mon tabouret et de ma chaleur, de mes larmes et de ma sueur. Elle m’ignore, ignore le spectacle, ignore les spectateurs.
- Au théâtre, ce ne sont pas les spectateurs qui décident de l’heure de la représentation. Comme ce qui s’est passé l’après-midi : nous sommes prêts à 14h45 pour commencer à 15h mais nous devons attendre la sonnerie de l’inter-cours, et le spectacle commence avec vingt minutes de retard.
- Dans une salle de théâtre, ce ne sont pas les spectateurs qui font la loi.
Comme ces professeurs qui hurlent sur leurs élèves pour les calmer et tenter une initiation tardive à la représentation théâtrale.

On le répète sans cesse aux enfants, aux ados : "le comédien qui est devant vous est vivant, en chair et en os". Or, cette fois-ci, ce sont les adultes qui l’ont oublié. J’étais là, en vrai. J’ai tout vu, tout ressenti. Et ce n’était absolument pas les conditions requises pour jouer ce spectacle.


Ils sont biens, vos élèves. Car la qualité d’écoute et d’attention lors des deux représentations a été incroyable. Parce qu’avec toutes les bourdes que vous avez accumulées, les mauvais exemples que vous leur avez fournis, j’en connais certains qui auraient pourri la représentation pour moins que ça.
Oui, ils sont chouettes. Ils sont remuants, ils sentent les hormones et la transpiration, ils n’arrivent pas à se regarder dans les yeux, ils beuglent et ils râlent, ils remuglent mais ils sont fins, respectueux et ouverts d’esprit.
Merci à eux, donc.

Et à vous ? Merci ?
Merci de ne pas savoir parler à vos élèves ? Merci de ne pas les avoir préparés avant? Merci de ne pas les avoir aidés à rentrer dans la représentation en adoptant une attitude exemplaire ? Merci de ne pas vous être aperçu(e)(s) que vous, les professeurs, étiez des spectateurs comme les autres, comme les élèves ? Que vous n’étiez pas dans la salle des Tilleuls « la-salle-de-conférence-de-vidéoprojection-d’atelier-théâtre-du-collège » mais dans la salle des Tilleuls « Le Théâtre » ? Que ce n’était pas vous qui deviez accueillir mais que VOUS étiez accueillis ?

J’ai l’air de donner des leçons ? Ah oui, tiens, c’est vrai. Je donne des leçons.
J’en ai fait des représentations scolaires. Des dissipées, des magiques, des fatiguées, des pressées, des oubliées, des passables et des géniales.
Mais des comme ça, jamais. Des entrées public comme ça ? Jamais. Des rencontres comme ça où les professeurs ne laissent pas les élèves s’exprimer ? Jamais.

Je ne suis pas Ronald McDonald ou Quickie. Je ne viens pas faire une animation dans une salle de votre collège devant des professeurs qui ne savent pas ce qu’ils viennent voir et qui, de toute façon, envisagent de partir avant la fin. Je suis payé pour venir à Commercy, dans un théâtre, jouer un spectacle que nous avons mis 1 an à imaginer, 2 mois à répéter, et que nous tournons depuis 2 ans et qu’il me tient énormément à cœur de jouer devant un public jeune. Je suis venu pour faire mon métier de comédien, pas celui de distributeur automatique de détente. Je suis venu jouer un spectacle fragile, qui demande un effort d’imagination –et, vous le savez mieux que quiconque, l’imagination d’un ado est de moins en moins sollicitée-, un spectacle qui défend l’idée que les jeunes hommes et jeunes femmes sont des êtres comme les autres, à qui l’on doit le respect et la parole vraie.

Et, grâce à eux, grâce à vos élèves, vos ados, il s’est passé quelque chose pendant ces deux représentations. Il s’est passé quelque chose. Leurs 2 fois 80 yeux étaient braqués sur P’tit Marcel, leurs 2 fois 80 oreilles étaient tendues pour connaître la fin de Léo et leurs 80 bouches riaient, s’émouvaient et s’étonnaient dans un aller-retour respectueux entre eux et moi. Et ce n’était à l’évidence pas grâce à vous.

Au lieu de les traiter de fauves ou de plantes carnivores de la savane, vous feriez mieux d’en prendre de la graine.


Thomas Gornet



PS : et un grand merci à Jean-Louis Pirlot, amoureux du théâtre et de l’enseignement, qui, quasiment seul, se démène pour apporter culture et imaginaire aux habitants de Commercy.

mercredi 20 avril 2011

c'est vieux mais c'est encore de saison

En février dernier, je suis allé jouer TOUT CONTRE LEO au Théâtre de Poche de Hédé (35) et à cette occasion, j'ai été interviewé sur RCF Rennes.
Voili voilà...


Interview Thomas Gornet RCF Rennes par thegooddalecooper

mercredi 2 mars 2011

samedi 12 février 2011

le lapin est sorti du terrier

Et voilà.
Après 6 semaines de répétitions non-stop (à La Fabrique-scène conventionnée de Guéret, au Centre Culturel Yves Furet de La Souterraine et à la Scène nationale d'Aubusson-Théâtre Jean Lurçat), Lapin est enfin né.

On avait commencé à y rêver en juin 2009, y travailler en janvier 2010 (à La Marmaille de Limoges et à La Manivelle théâtre de Wasquehal).
Et là, hop, pouf, pof, c'est sorti.

Les petits, parfois tout petits spectateurs sont arrivés deux par deux, ou alors en faisant le petit train. Les yeux grand grand ouverts. Parfois embués de larmes, à cause de la nouveauté de cette situation incongrue où tant de monde est réuni pour regarder deux personnes construire un rêve éveillé.

Les 7 premières représentations sont passées. La tournée commence...
On espère une grande portée.

Plus d'info en cliquant ICI.



PHOTO DE REPETITION © Thierry Laporte

samedi 8 janvier 2011

Lapin Creuse

Guéret, La Souterraine, Aubusson.
du 27 décembre 2010 au 9 février 2011.
6 semaines pour construire le terrier du Lapin.

**thomas

**thomas