jeudi 20 décembre 2012

merci

«Vous n’allez pas nous faire croire que vous vivez dans un igloo et que vous n’avez aucune connaissance de la diversité des familles dans ce pays? Que vous ignorez complètement qu’il y a des familles homoparentales dans ce pays? Que vous ne savez pas qu’il y a autant d’amour dans les couples homosexuels que dans les couples hétérosexuels? Qu’il y a autant d’amour vis-à-vis de ces enfants et que tous ces enfants sont les enfants de la France? Alors oui, Monsieur le député, le gouvernement présente un projet de loi de grand progrès, de grande générosité, de fraternité et d’égalité et nous apportons la sécurité juridique à tous les enfants de France et je peux vous dire que j’en suis particulièrement fière!»

Christiane Taubira, 19 décembre 2012.

vendredi 16 novembre 2012

on danse?

© Commande photo autour du spectacle à Cédric Rouillat

 
Depuis le 6 août dernier, je suis comédien permanent au Fracas-CDN de Montluçon/Région Auvergne, dirigé depuis le 1er janvier 2012 par Johanny Bert.
Comédien permanent, ça veut dire que je passe mon temps à jouer, et qu'en plus, je suis payé tout le temps. C'est suffisamment rare dans ce métier pour être souligné.

On a déjà fait plein de choses (notamment Le Goret, sur lequel j'étais assistant à la mise en scène et que je vous recommande chaudement).
Et, là, on vient juste de commencer la tournée de Music-Hall, de Jean-Luc Lagarce (un texte auquel je m'étais attaqué il y a six ans -et légèrement planté, aussi-
hop
petite photo souvenir
© Marielle Bettembourg)

Bref bref.
N'hésitez pas à venir nous voir, ça nous fera bien plaisir...

Toutes les dates sont du côté gauche de ce blog.




MUSIC-HALL de Jean-Luc Lagarce
le texte de la pièce est édité aux éditions Les Solitaires Intempestifs
mise en scène Johanny Bert
avec La Fille Laëtitia Le Mesle, Les Boys Maxime Dubreuil, Thomas Gornet / assistante à la mise en scène Valérie Vivier /dramaturgie plateau Frédéric Révérend / formes marionnettiques Judith Dubois / chorégraphie Yan Raballand / costumes Camille Gemser

Production Le Fracas, Centre Dramatique National de Montluçon-Région Auvergne avec l’aide de la Communauté d’agglomération Montluçonnaise. Tournée en Région avec le soutien du Département de l’Allier et de la Région Auvergne dans le cadre d’une collaboration entre Le Fracas et La Comédie de Clermont-Ferrand.


dimanche 23 septembre 2012

le jeune public parle au vieux

Vendredi dernier, c'était l'ouverture de saison du Fracas-CDN de Montluçon/Région Auvergne, nouvellement dirigé par Johanny Bert, et où je suis comédien permanent pour deux saisons (avec quatre autres comédien-nnes).

On était tous réunis sur le plateau pour parler des spectacles créés et accueillis.

©brigitte gornet


Moi, j'ai présenté "Un oiseau dans la tête", le temps fort jeune public qui aura lieu au mois d'avril.

J'ai écrit et lu ça :


"
Bonsoir à tous, je suis le théâtre jeune public.
(je sais, je devrais dire « coucou les zouzous », ou « salut les copinous » ou bien « Tititi comment ça va ? ». ça collerait mieux à mon image)

J’aurais bien aimé être là ce soir mais comme je ne suis pas une vraie personne, je n’ai trouvé que ce moyen pour m’adresser à vous. La personne qui lit cette lettre n’est donc qu’un exécutant. Tous les propos qui suivent n’engagent que moi.

Je voulais déjà vous dire que je suis bien content que trois de mes enfants viennent vous rendre visite cette saison. Un au Théâtre municipal, l’autre à Athanor et le dernier ici, au Fracas

J’ai beaucoup d’enfants, dans beaucoup de ports. Et ces trois enfants-là, je les aime bien. Ils font partie des plus jeunes. Leur mère est une nymphe à lunettes que j’avais rencontrée à Berlin ou Shangaï ou Limoges je ne me souviens plus. Elle a un doctorat en philosophie des plantes et elle est super bien roulée.
Bref.

Ces trois enfants, donc, font partie de cette branche de ma famille qu’on appelle « écritures contemporaines ». Ça fait un peu peur « contemporain », mais ça veut juste dire qu’ils ne sont pas morts. (oui parce que j’ai connu des drames, aussi, des enfants qui sont morts)

Tout à l’heure, entre deux tranches de pâté et de brie, au buffet, vous regarderez pages 34 et 35 dans la plaquette du Fracas et vous en saurez plus sur Nos amours bêtes, où un auteur et une chorégraphe vous parleront d’amour et de bêtes, Petit Pierre, un spectacle qui parle de la différence et de l’art (en un mot, « art ») et Les orphelines, un sujet fort mis en scène par un jeune gars formidable pour trois très bons acteurs dont un absolument magnifique.

Un dernier mot.
Enfin… un dernier mot en plusieurs mots.

Mes spectacles ne sont pas réservés aux enfants. Je ne suis pas là pour animer leurs mercredis ou les former à être les spectateurs de demain. Je suis là pour proposer des spectacles beaux et intelligents (tout comme mon frère, le « théâtre tout public ») à partager entre grands et petits (du moment que ces derniers ont l’âge requis)

Vous n’êtes pas obligés d’avoir des enfants ou d’en voler un pour venir voir les miens. Venez. Ça a beau être du théâtre pour à partir d’un petit âge, ce n’est pas du petit théâtre.
Venez. Vous en sortirez grandis. Et ça, à n’importe quel âge.

Bisou."

mercredi 29 août 2012

Et hop! Et de 5!!
Sortie imminente en septembre...

"Kaï a pris une décision qui va changer sa vie : il ne veut plus de bisous. À 9 ans, il n'est plus un bébé ! Le jour de son anniversaire, il évite donc soigneusement les embrassades et annonce avec aplomb sa décision. Ses parents sont abasourdis mais Kaï se sent beaucoup mieux :il se sent plus vieux ! Quand ses parents le regardent d'un air triste parce qu'ils ne peuvent l'embrasser avant le coucher, il a même l'impression que c'est lui l'adulte et qu'ils sont les enfants... Jusqu'au jour où il rencontre Pascal, le nouveau. Pourquoi pleure-t-il si souvent ? Kaï voudrait l'aider et se pose des tas de questions. Comment consoler un ami ? Comment montrer à quelqu'un qu'il est important pour nous ? Et à quoi ça sert, les bisous ? Le récit drôle et émouvant d'une amitié naissante."

jeudi 14 juin 2012

télé-ra-ma (rmaille)

Un chouette projet auquel j'ai participé pendant la saison 2011-2012.
De toute façon, La Marmaille, c'est un chouette théâtre.
Avec des gens chouettes.
Tout cela ne pouvait qu'être chouette.

(à part ma coiffure et le poil dans mon nez)


Bravo France Bleu Limousin et TV7 Limoges! (pour voir le reportage en grand, cliquez ICI)

Ici, il y a toute l'émission. Je vous recommande de regarder le début jusqu'à 2'50 puis ma super ITW de 6'25 à 18' ! (version plein écran : ICI)

mercredi 9 mai 2012

Léo a chaud

A l'occasion des représentations de Tout contre Léo à l'Espace culturel Busserine à Marseille (programmé par Massalia), France 3 PACA est venue faire un petit reportage plutôt pas mal...
(petites erreurs : c'est Marie Blondel et non moi-même qui a signé la mise en scène et Frédéric Rebuffat ne s'est pas occupé de la scéno mais de la lumière. La scéno, c'est Frédéric Pickering...)

Annoncé lors du 19/20 du 8 mai, le sujet est finalement passé dans le 12/13 du 9 mai, après la présence en plateau d'une actrice de Plus belle la vie (quand on sait que j'en suis fan, on comprendra que cela m'a réjouit!!)

 La reportage est visible en meilleure qualité ICI.



TCL marseille par thegooddalecooper

jeudi 3 mai 2012

Clic-clac!

Bon.
Ben voilà.
Je me suis encore énervé...

"Bonjour

Je suis le comédien de TOUT CONTRE LEO
dont vous avez écrit un bel article dans le journal XXX et je prends enfin le temps de vous écrire pour vous signaler mon mécontentement quant à votre attitude durant la représentation du spectacle à XXX.

Quand une compagnie est accueillie dans un théâtre, il est d'usage que celui-ci lui demande si les photographies sont autorisées ou interdites pendant les représentations
Toutes les réponses sont possibles : oui, sans réserve. Oui, mais sans flash. Oui, mais sans flash, et sans écran rétro-éclairé. Ou pas en plein milieu au premier rang. Et pas en rafale. Et en voyant le spectacle en entier pour ne pas gêner les spectateurs en sortant au milieu de la représentation.
Ou : non, pas du tout.

Si vous aviez pris le soin de vous renseigner avant d'entrer dans la salle, l'équipe du théâtre vous aurait répondu : non. Et vous aurait informé que la compagnie vous aurait fourni bien volontiers des photos tout à fait exploitables.

Vous étiez donc en plein milieu, au premier rang, et je veux vous remercier de ne pas avoir mis de flash, ni de laser rouge de mise au point automatique, ni d'écran rétro-éclairé.
Mais pouvez vous vous imaginer la sensation que c'est que de s'adresser à un public, dans le cadre d'un spectacle fragile comme celui-ci, avec, sous le nez, une personne qui passe son temps à vous mitrailler (j'avais l'impression d'être à L'Ecole des fans, face à un parent incapable de regarder l'être vivant en face de lui autrement que par l'objectif devant son œil)?
Vous rendez-vous compte que pendant toute la scène du repas (la scène dont vous avez tiré votre cliché), vous étiez à même pas un mètre de moi, avec votre appareil constamment en fonctionnement? Je vous fusillais du regard pour que vous cessiez. Mais non. Rien n'a changé.

Si vous étiez venue me voir avant la représentation, j'aurais sans doute reçu votre demande avec beaucoup de réticence, je l'avoue. J'ai eu tant de mauvaises aventures avec des journalistes. Mais, sans flash, sans écran, dans un angle et sans mitrailler, je vous aurais sans doute dit oui.

Mais évidemment que vous n'alliez pas prendre la peine de venir me rencontrer 30 minutes avant le début de la représentation, ou d'en parler au personnel du théâtre.
Vous vous êtes d'ailleurs bien gardée de sortir votre appareil photo de votre sac avant le noir initial marquant le début du spectacle. Une attitude absolument pas digne d'une professionnelle.

Notre relation partait très mal, ceci dit : quand je vous ai vue entrer, en premier, et vous placer donc face à moi (je ne savais évidemment pas qui vous étiez) -
Je ne sais pas si vous vous rappelez (moi, je m'en souviens comme si c'était hier car c'est la première fois en 120 représentations qu'une personne adulte se comporte de cette manière)-
Donc, je ne sais pas si vous vous rappelez mais vous vous êtes assise, m'avez vu assis sur mon tabouret, dans une posture d'attente, certes, mais visiblement "en jeu", et là, vous avez donné un coup de coude à la personne qui vous accompagnait et vous m'avez ensuite adressé un grand signe de la main en disant tout haut "Oh! C'est Léo!! Coucou Léo !!"

Si mes bras n'avaient pas été si bien attachés, ils seraient tombés de stupeur.
Quand je joue le spectacle devant un public d'enfant, en séance scolaire, cela arrive souvent qu'un enfant ou plusieurs me fasse-nt des coucous, voire même essaie-nt de me "déstabiliser"
C'est bien normal, ils n'ont pas forcément encore une grande habitude de spectateur

Vous non plus, apparemment.
Et c'est quand même bien dommage et très inquiétant que vous ne l'ayez pas acquise à force de voir tant et tant de spectacles, j'imagine, dans le cadre de votre activité de journaliste professionnelle

Thomas Gornet"

samedi 10 mars 2012

Mercredi c'est bol de riz

Et voilà! C'est fait!
Je suis pas peu fier de savoir que des petit-e-s et des grand-e-s coréen-ne-s vont lire mon livre !!
C'est la classe, non?

jeudi 23 février 2012

Peau neuve

Le premier tirage est épuisé!
Youpi!

Pour fêter la ré-édition, une nouvelle couverture, toujours signée Clothilde Delacroix, bien sûr.

Et, en septembre, sortie d'un petit frère....

lundi 13 février 2012

Léo et les ruraux

J'ai joué récemment Tout contre Léo en décentralisation, dans deux petites villes d'un département français. Organisée par le conseil général, cette opération amène des spectacles dans des communes peu habituées à recevoir du spectacle vivant.
Voilà le mail que j'ai envoyé à A., la programmatrice de cette opération. J'ai essayé de rendre anonyme les personnes concernées. Car ici, l'idée n'est pas de taper sur quelqu'un (et surtout pas sur A., à qui je ne reproche rien, bien au contraire, et que j'ai eu ensuite longuement au téléphone : elle est aussi déprimée que moi de ce qui s'est passé.) mais de rendre compte d'une réalité. La mienne, en l'occurrence.


A.,

Je relis ton mail précédent (dans lequel tu me remerciais pour la représentation de Tout contre Léo à Ville A*  et me prévenait que l'accueil à Ville B* y serait sans doute moins chaleureux) et je ne peux m'empêcher de t'en envoyer un, après la représentation d'hier soir à Ville B*.
Car c'est peu de le dire que l'accueil a été moins chaleureux qu'à Ville A* ! Tu ne t'imaginais sans doute pas que "moins chaleureux" a représenté seulement 10% des soucis que l'on a rencontrés hier soir.
(je pense d'ailleurs que tu auras des nouvelles de cette représentation par B. -je ne sais pas trop qui c'est d'ailleurs, à part que c'est elle qui était chargée de l'accueil public- et qui a assisté, la pauvre, à mon agacement d'après spectacle)

Pour commencer, je voudrais que tu sois convaincue de ma grande satisfaction d'avoir participé à cette opération de décentralisation*. Mon petit discours improvisé mardi soir à Ville A* n'était pas fabriqué.
De plus, je te suis très reconnaissant de programmer des spectacles dits "difficiles" et, je le sais, tenter ensuite de convaincre des communes de les accueillir .
Enfin, je me rends bien compte que ton service* met énormément de moyens sur le tapis pour que tout se passe bien. Et c'est vrai que les gars de la technique sont supers sympas en plus d'être compétents et enthousiastes et que tout a été mis en oeuvre pour que le spectacle soit assuré dans les meilleurs conditions techniques possibles.

Donc si je t'envoie ce mail, c'est pour râler, oui (une de mes spécialités). Mais surtout auprès de la commune de Ville B* (je te charge donc de faire le relais), et, dans une petite mesure, de l'organisation du festival*.

Car si je me permets de te détailler par le menu ce qui s'est passé hier, c'est pour souligner un petit défaut dans ce système, à mon sens : l'absence d'une personne chargée des relations publiques afin d'accompagner les communes (surtout celles où l'on sait que l'accueil sera moins chaleureux...) dans la préparation et l'accueil du spectacle puis du public.

Quand on joue à Ville A*, accueillis par une association de personnes militantes de la culture, c'est du pain béni. Nul besoin de quelqu'un qui accompagne qui que ce soit puisque l'association se prend en charge toute seule et prend en charge les spectateurs. Il y a un échange, les dames de l'association écoutent nos recommandations et nous les voyons défendre le spectacle vivant auprès de leurs spectateurs et, tu y as assisté toi-même, la représentation a tout pour être magique.

Mais quand on se retrouve à Ville B*, où la personne chargée de l'accueil, en l'occurrence J. (qui, ironie de l'histoire, est relations publiques à la mairie), n'a pas pointé le bout de son nez de la journée ni de la soirée, où une autre soirée était organisée par la mairie dans une autre salle et où visiblement tout le monde se demande pourquoi CE spectacle a lieu dans CETTE salle, c'est une autre paire de manches.

Et c'est nous, la compagnie, et surtout Lucie, ma régisseuse, qui a dû tenter -"tenter", seulement, car il aurait fallu être 3 pour s'occuper de tous les problèmes en même temps- de colmater les brèches...


Pour te résumer la soirée :

B., donc, chargée de l'accueil public, arrive à 20h20 (je te rappelle que le spectacle commençait à 20h30). Elle est donc en train d'enlever son manteau quand des spectateurs décident de rentrer dans la salle alors que les portes ne sont pas "ouvertes" et que je suis en train de m'échauffer sur le plateau. Lucie les rapatrie in extremis dans le hall et c'est alors qu'elle fait la connaissance de B. qui lui lit le petit mot qu'elle compte dire avant que ça commence. Lucie essaie de lui expliquer les conditions de représentations : veiller à l'âge des enfants, n'accepter aucun retardataire, faire attention aux places "aveugles" et demander au public de couper leur portable. Mais, à 5 minutes de l'entrée public, c'est difficile de se faire comprendre.

Sur ces entre-faits, une maman arrive avec deux enfants. Deux enfants de 4-5 et 6-7 ans. C'est Lucie qui tente de lui faire comprendre qu'elle ne peut pas rentrer. Mais les arguments répétés de la maman ainsi que sa mauvaise humeur (arguments et mauvaise humeur que, après 108 représentations, nous sommes habitués à rencontrer dès qu'il s'agit de refouler un enfant trop petit) ont raison de la patience de Lucie qui laisse la maman acheter ses places.

Pendant ce temps-là, un monsieur -un membre du conseil municipal apparemment- entre dans la salle comme s'il était chez lui, dit que le maire sera sans doute en retard et qu'il rentrera sans faire de bruit. Je sais que les portes font du bruit, que de la lumière peut rentrer dans la salle et que, de toute façon, quelqu'un qui rentre dans une si petite salle dérange indéniablement l'attention des spectateurs. Il reste complètement sourd à mon refus de faire entrer qui que ce soit, surtout pendant les 10 premières minutes du spectacle, essentielles pour la suite.
Ce qui est terrible, dans ces cas là, c'est que les gens comme lui nous regardent les yeux creux, comme si on était fous avec nos exigences, alors qu'on connaît par cœur notre spectacle et les conditions optimales pour avoir une chance de l'apprécier. D'autant que Tout Contre Léo, tu le sais, nécessite une attention de tous les instants, particulièrement pour qui n'est pas habitué à assister à un spectacle où tout n'est pas représenté mais plutôt à imaginer.

Les portes s'ouvrent, les gens s'installent. Sans personne pour les encourager à se mettre dans les premiers rangs, à dire aux parents de ne pas se mettre dans le fond séparés de leurs enfants...

Sans personne car B. déchire les billets et Lucie est occupée dans le hall à discuter avec une autre famille venue avec un enfant de 5 ans.
C'est alors que je vois arriver LE correspondant de presse entrer (je les ai en général en horreur, et ce n'est pas près de s'arranger après ce coup-là). Je vois le type aller à l'avant-scène, sortir un petit appareil photo de sa poche, prendre deux photos avec flash du public côté Cour. Puis il se rend côté Jardin, tout en jetant des coups d'oeil vers moi. Là, je me dis que je vais y avoir droit, il va prendre en photo la scène (ce serait la première fois mais il faut un début à tout, me dis-je), éclairant par la même les papiers et moi sur mon tabouret. Après avoir refait deux photos du public côté Cour, il se poste devant moi et me demande -oui oui, j'écris bien : ME DEMANDE- : "Une p'tite photo, pour la presse?". Alors là, mes bras tombent, mes pieds fondent et je ferme la bouche pour ne pas sortir le flot d'insultes qui me monte dans la gorge. Me sentant comme une vache allant à l'abattoir, je mets mon visage dans mes mains, je baisse la tête, et j'attends que le type fasse la photo tant redoutée. Flash.

Une fois sa photo faite, il continue à se balader dans les allées et ses pas l'amènent dans le hall où Lucie est en train de parlementer avec le maire qui a décidé qu'il rentrerait plus tard après le début du spectacle, parce qu'il a une réunion. Le photographe se joint à la discussion et se plaint que, de nos jours, avec "les spectacles de maintenant", il ne puisse plus faire son travail, puisque lui, à chaque fois, veut faire une seule photo au début du spectacle et s'en va tout de suite après. Lucie, apprenant seulement maintenant sa présence et ses intentions, a toutes les peines du monde à lui faire comprendre le choix qui s'offre à lui : assister à l'intégralité du spectacle sans faire de photo ou rentrer chez lui tout de suite.
B. fait son discours (extrait : ""Bon. Vous avez lu le tract, c'est un thème pas très gai, hein, le sida. Donc bon. Le mois prochain, il y aura de la musique russe. Là, ça va déménager") et le spectacle commence.
Je passe sur le stress que m'a causé le fait de voir et d'entendre une personne arriver en retard, dire bonjour et rejoindre une amie en plein milieu d'un rang et je passe sous silence l'angoisse que j'avais de voir les deux enfants trop petits s'ennuyer (certes gentiment, sans faire trop de bruit), savoir que le spectacle leur passait au-dessus de la tête et prendre pitié de cette mère qui jurait ses grands dieux dans le hall que ses enfant sont intelligents et la voir pendant le spectacle essayer d'expliquer à son fils de 4 ans malade de tousser moins fort.

Mais tout cela n'aurait pas eu lieu si les spectateurs avaient senti qu'il y avait un "cadre".

A la fin du spectacle, B. m'explique qu'ici, je suis chez "les ruraux" et que je ne dois pas m'étonner du comportement du photographe (d'ailleurs elle, elle ne l'est pas) et de la maman aux enfants trop petits.
Je ne suis pas d'accord. Cela n'a rien à voir avec la ruralité. Cela aurait aussi bien pu arriver dans un gros théâtre dans une grosse ville (j'ai des exemples) et l'inverse peut se produire dans une ville aussi rurale (cf Ville A*). Si par "ruralité", on entend que dans certains endroits, "l'habitude théâtrale" n'est pas ancrée, je suis d'accord. Et c'est d'ailleurs pour cela que je suis toujours enthousiaste à participer à ce genre d'opérations de décentralisation. Mais il faut que les personnes soient accompagnées. Surtout sur un spectacle comme celui-là. Nous sommes déjà épuisés, Lucie et moi, à changer de ville chaque jour, à monter le décor dès 8h30 du matin pour jouer le soir et refaire la même chose le lendemain, on ne peut pas se sentir lâcher, abandonner dans les mains de personnes de mauvaise ET de bonne volonté mais qui n'y connaissent absolument rien à la délicatesse que requiert une représentation théâtrale.
A Ville B*, QUI a voulu acheter le spectacle? J. ? le maire? l'obscur conseiller? B. ? (qui était-elle, d'ailleurs? mystère : tout ce qu'on sait c'est qu'elle était fort sympathique et appartient à la troupe de théâtre amateur)

Le résultat de l'opération risque d'être que, avec des personnes comme moi qui ne cachent pas leur énervement, les "ruraux" aient l'impression d'avoir accueilli une équipe "parisienne", qui fait une montagne d'un rien, qui chipote sur pas grand chose et qui râle vraiment trop pour des cacahuètes. C'est bien dommage.

J'insiste sur le fait que l'âpreté et la rudesse de ce mail ne te sont pas directement et personnellement adressés. Je sais ta volonté de proposer des choses différentes à ce genre de communes et l'énergie que tu y consacres.
Mais j'espère sincèrement que cela aidera ton équipe à réfléchir à la suite, tout en sachant que cela peut être très décourageant pour toi et ton équipe d'avoir l'impression de devoir faire tout le travail à la place des communes. Car vous faites déjà l'essentiel. Et là, à Ville B*, ils ont absolument tout fait de travers.

Je t'embrasse et te dis à bientôt

Thomas

* termes changés pour éviter toute reconnaissance inutile

dimanche 15 janvier 2012

Le chant des sirènes aux Verts Tilleuls



C'est une histoire de rencontres.
C'est une histoire d'enfants qui n'ont peur de rien.
Qui aiment vrai et beaucoup.
Qui ne peuvent pas vivre totalement avec les autres parce que les autres ne savent pas rentrer dans leur monde.

Et puis c'est l'histoire d'un adulte qui se croit encore enfant.
C'est l'histoire d'un adulte qui vient voir ces enfants et qui se sent bien au milieu d'eux.
Qui se dit qu'il pourrait être eux.
Qu'ils ne sont ni fous, ni zinzins, ni pimpins.
Qui se dit qu'ils refusent de se soumettre à des règles bêtes qui nous empêchent de rire ou de pleurer quand on veut.
Ou alors c'est que lui, cet adulte, est sans doute fou. Ou zinzin. Ou pimpin.

C'est l'histoire d'un adulte qui voit ces enfants danser sur Le chant des sirènes de Barbara.
C'est l'histoire d'un comédien qui voit son texte prendre vie : les collections de billes, les gâteaux roulés, Mamie Simone, le placard, Denis, l'ornithorynque.
C'est l'histoire de petites larmes qui veulent sortir.

C'est l'histoire d'un spectacle qui se termine.
Un spectacle qui a 12 ans.
Joué pour la dernière fois devant ces enfants.
Des enfants du même âge.
Qui, eux aussi, à leur manière, refusent totalement de grandir.
En recherche désespérée de leur ornithorynque.


**thomas

**thomas